Concours

Dimanche 18 décembre 2005

Il est beaucoup plus important de laisser nos filles  aller s'inststruire et acquérir le savoir que de vouloir compromettre leur scolarité en imposant ce bras de fer dont elles étaient victimes. D'autant plus que le fait de se voiler pour une femme musulmane n'est pas une obligation coranique,cultuelle,du même ordre que jeuner,prier, accomplir le pélerinage ou s'acquitter de l'aumône.  Il est arrivé à travers l'histoire,que même le Calif Omar  n'interdit à une femme musulmane dite de basse extraction de se voiler parce que les praticiennes de l'époque étaient seules à vouloir être reconnues par un voile. Ce n'est pas une nouveauté islamique, c'est dans le Christianisme, dans le judaïsme, et cela remonte même aux assyriens. Cessons donc cette focalisation uniquement sur le volet islamique.  Nous sommes arrivés à cette obsession sur le corps de la femme, sur ses cheveux, dans une autre régression tragique, parce que nous n'avons pas connu le<< moment Freud>>, et parce que les questions des relations ,hommes/femmes, de libido, etc; n'ont pas été posées avec l'acuieté et les implications qu'on a eues dans le monde occidental. Si, Mr Bencheikh parle de régression , c'est parce qu'à l'époque Samarkand, à Tachkent, à Boukhara, ou à Cordoue, ces questions de relations hommes/femmes étaient, saines, seraines  et apaisées.  

A Kaboul, dans les années 70, les femmes ne se voilaient pas.  

_ La perception de l'Islam, de la question de sa compatiblité avec la laïcité , est aussi affectée par le discours d'intégristes qui se cosidèrent en<<mission>> pour répandre l'Islam, vont jusqu'à défendre l'idée d'une <<guerre sante>>, un dijahad pour , disent-ils , défendre <<l'Islam menacé>>.

Ghaleb  Bencheikh

Tout d'abord, une précision de vocabulaire. Le djihad n'est pas une guerre sainte . C'est un abus de langage. Le djihad, est un  effort dans la voie de Dieu. La guerre n'est pas un sacrifice dans le Coran, c'est même une calamité. Et pour cause : dans le champs sémantique du Coran, on trouve le combat, la guerre , et le djihad ; si le djihad était une guerre , on n'aurait pas trouvé les mots guerre et combat, à côté. Bencheikh, ne veut pas pour autant minimiser le fait que le djihad a été dévoyé de son sens et est devenu une sorte de violence  sacrée . Quant aux islamistes qui prétendent défendre l'islam . Nous sommes fondés de leur poser la question de quel islam  s'agit-t-il ? Le  simple vocable islam génère beaucoup de fantasmes , il est devenu un mot- valise, comme disent les linguistiques, dans lequel, il y a tout et le contraire de tout. Parle-t-on de de l'Islam de l'indonésie, de celui du Yémen, du Sénégal, de l'islam  intériorisé  dans les coeurs, l'islam de Médine, l'islam de Ben Laden, l'islam  des patineuses Bosniaques à Sarajevo ? .... La rigueur nous pousse à dire que ce sont des sociètés humaines travaillées par le fait religieux monothéiste dans sa coloration islamique . Que veulent-ils défendre ? Pourquoi s'érigent-ils comme procurateurs de Dieu, alors qu'il ne les a pas mendatés,d'un point de vue Coranique ? On a à faire à des illuminés exaltés,autoproclamés défenseurs exclusifs de ses droits, voulant faire le bonheur de leurs coreligionnnaires, voire de l'humanité toute entière. C'est une vision totalitaire, globalisante, dangereuse, qu'il faut savoir dénoncer. Mais qui dit dénoncer, dit aussi annoncer. Affirmer qu'aucune cause , aussi juste soit-elle, n'implique le massacre d'innocents, aucune révolte si légitime soit-elle , n'implique la terreur , spirutuellement et éthiquement parlant.   Maintenant,que nous soyons, musulmamns ou pas, nous devons condamner l'agression caractérisée contre le peuple irakien  par la coalition américano-britannique. 

 Quant à la Palestine , c'est une question de droit et de justice. C'eût été le peuple israélien qui souffrît en subissant les affres de l'occupation et de l'humiliation, nous eussions tous été solidaires  du peuple israélien, parce qu'il aurait été dans une situation de déni de droit et de justice. 

 -Vous soulignez la responsabilité des théologiens, des intellectuels musulmans pour favoriser l'émergence d'un <<Islam de France>>, l'adaptation de cette religion à une  société laïque, pluraliste . Pouvez-vous expliquer ?    

 _Ghaleb Bencheikh

Il y a une venue massive et récente d'hommes et de femmes de confession musulmanes. Mais l'islam n'est pas nouveau dans ce pays contrarement à ce que certains racontent. Il a une présence multi-séculaire. Ramatuelle n'est que la corruption de rahmatoullah(miséricorde de Dieu), Perpignan, la corruption de birbounian (le puit de l'urbanisme). A Narbonne, on m'a montré les vestiges de la mosquée.  Port-grimaud, porte sarrasine, le massif des Maures , toutes les familles , les Bénezete, les Maurad, les Marais, les Maret...   On a focalisé sur une escarmouche entre le maire du palais Martel et Abderrahmane, alors que les véritables engagements ont eu lieu dans le canal rhodanien, jusqu'à Autun, sens, et même près de Verdun. Maintenant,il est vrai qu'on a importé de l'homo oconomicus qui s'est avéré être un  homo islamicus à problèmes. Mais les problèmes  sont d'ordre sociétal,culturel, pas d'ordre spirituel ou cultuel. Elaborer une théologie de la minorité, car on est attaché à une vision classique de la théologie islamique qui a été élaborée à une époque où les musulmans étaient majoritaires , en situation de domination sur leur terre.

 Nous ne sommes plus dans cette situation, les deux-cinquièmes des musulmans de par le monde sont en situation de minorité.  A commencer par la minorité musulmane en Inde qui vit bien la démocratie indienne, et qui est numériquement plus importante que le monde arabe réuni.  Et donc l'exigence intellectuelle et théologique,c'est d'élaborer un autre modèle qui va de pair avec le dialogue interreligieux, le dialogue dans la cité,  une production intellectuelle qui répondent aux questions contemporaines auxquelles les hommes sont confrontés. Pas pour courir après la modernité. Les problèmes de la laïcité dans le monde arabo-islamique n'étaient pas dus à des considérations purement théologiques, ou conceptuelles , mais surtout à des considérations de traduction, de vocabulaire, quant au terme laïcité dont on ne trouvait pas un équivalent dans  les langues véhiculaires de l'islam : ni le gujarâti, ni l'urdu, ni le persan, ni le turc, ni le swahili, ni l'arabe n'ont d'équivalent du mot laïcité, et même les  intellectuels arabes chrétiens n'ont pu le traduire en un seul mot, ils ont utilisé ce qui pourrait être un barbarisme en langue arabe :mondité ou mondanité. Et donc, de bonne ou de mauvaise foi, les ulémas conservateurs se sont écrié : il y a un scandale, ça va être le règne, dès lors qu'on a compris la laïcité comme porteur d'athéisme , et de mode de vie areligieux compris comme irréligieux. En somme une société de ceux qui n'ont ni foi ni loi. Les considérations sémantiques ont donc beaucoup joué. 

 Selon le point de vue du thélogien Ghaleb Bencheikh, la loi de 1905 en France ne parle pas uniquement de laïcité. "C'est une loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat".

Mais n'oublions pas qu'à l'époque de l'apparition de la séparation de l'église de la loi. Il n'y avait pas une forte composante musulmane. La séparation de l'église de l'Etat n'est qu'une loi, comme son nom l'indique, insiste Mr Bencheikh. Gardons-nous, donc, dit-il de donner une quelonque épaisseur idéologique à la laïcité.  Ce n'est pas une doctrine, une religion qui concurrence les autres, ce n'est pas la religion de l'incroyance. Moi, dit-il "tout en étant musulman, je suis doublement laï(c)que : je ne suis pas un clerc et je suis partisant de la laïcité. Mais il est vrai que la compréhension de la laïcité doit être celle de la neutelité, de la catalyse de l'alchimie du mieux- vivre ensemble, et celle qui abrite en son sein l'ensemble des doctrines, des obédiences métaphysique, cultuelles, etc...Fallait-il ou pas toucher à loi de 1905 ? Sur les deux articles dits principiels, il n'y a rien à toucher, simplement les appliquer. En revanche, les modalités d'application peuvent toujours être réaménagées, comme cela a été fait une dizaine en siècle.   Simplement, cessons de donner à la laïcité des épithètes: ouverte, plurielle, de combat, d'intelligence...Non, la laïcité , c'est la possibilité que des hommes et des femmes puissent vivre dans un Etat moderne, sans coloration  confessionnelle. C'est à l'Etat, garant du libre exercice des cultes, de veiller à ce que l'ensemble des citoyens ne soient pas discriminés.

 Au fond, le traitement de la question sociale en France , y est pour beaucoup dans les rapports Islam/laïcité. Selon monsieur Bencheikh, les musulmans de France sont juridiquement de deux ordres. Il y a ceux qui sont résidents et les citoyens. Les résidents sont hôtes dans ce pays. Ou bien ils se conforment, dans un souci de savoir-vivre et de respect, aux lois en vigueur et à la tradition du pays d'accueil, et c'est très bien ainsi ; ou bien cela leur déplaît, et ils ont la liberté de choisir d'autres cieux en plus .  En revanche, pour les citoyens musulmans, c'est plus compliqué. Il y a d'abord à être conscient de la citoyenneté et à s'aquitter de ses devoirs de citoyen tout en revendiquant la jouissance des droits inaliénables qui en découlent, au niveau politique, économique, social et culturel. D'un autre côté , malheureusement, nous payons les impérities, la démission, l'inaction, des différents gouvernements successifs quant à la question de <<l'intégration>>. Mot qui relève désormais du verbiage creux de la République. Ce n'est pas un énième plan type<< 100 millions d'euros>> qui va régler tout cela. Sachant que les n-1 plans précédents n'ont pas réussi. Et puis, en toute rigueur et dans la froideur d'esprit, ce serait une prime à la casse :<< si on n'avait pas brûler des voitures, on n'aurait pas eu les 100 millions d'euros>>. Alors que le problème est au niveau des esprits, d'une volonté politique, d'une révolution mentale. Les problèmes ne se règleront que lorsque M.Durand ou M.Dupont voudra bien de Karim ou de Mustapha. De deux choses l'une. Soit l'identité de la société française qui est en mutation doit être assumée dans l'acceptation, le calme, l'harmonie, le dialogue et la compréhension, et nous vivrons tous en bonne intelligence, en conjuguant  nos efforts pour ue cette société soit prospère et solidaire. J'en appelle donc à la sagesse, au bon sens et à l'intelligence, aussi bien de la société civile que de ceux qui gouvernent.Il aura fallu qu'il y eût 4000 voitures brûlées pour entendre le président de la République parler de la représentation nationale qui n'est pas conforme à la diversité sociale, et des fils et des filles de la République.  La question n'est donc pas une uestion d'Islam. Avant tout, la question réside dans un collège électif non conforme au collège éléctoral. Ce qui est inacceptable dans une Démocratie. 

Sur le plan sociétal,on a aussi deux catégories de citoyens musulmans. Le premier pôle, certe minoritaire: une entitée de musulmans, la plupart de souche arabe, avec le même accent rocailleux qui caratérise les sémites arabes, devant lesquels on fait des courbettes  dans une obséquiosité servile parce qu'ils sauvent le marché des yearlings à Deauville, le marché  des pouliches à Longchamp, les maisons de hautes couture de la faillite pour peu qu'ils achètent une robe ou deux à leurs épouses. L'hôtellerie de luxe fonctionnent parce qu'ils en sont à la fois proriétaires et consommateurs. Ceux-là, n'ont jamais été présentés comme intégrables , ou comme des islamo-déliquants...Ceux-là , sont arrogants et suffisants. Ils maltraitent leur personnel français dit de souche. Et de l'autre côté, nous avons des hommes et des femmes ghettoïsés, marginalisés, défavorisés, <<banlieusardisés>>, lumpénisés, déscolarisés, méprisés, mais surtout désislamisés.   Et on assiste à une réislamisation de néophyte, telle une revendication politico-identitaire. Ils deviennent la proie facile, des doctrinaires  sermonnaires, ces fameux prédicateurs autoproclamés. Je m'insurge avec force contre la fameuse fatwa qui, de facto, a islamisé ou confessionnalisé un problème de révolte sociale. Si on commence à accepter des fatwas dites positives, il n'y a rien qui nous interdise d'accepter des fatwas dites négatives, genre "insurgez-vous".    

 Mais il y a aussi une responsabilité d'hommes politique, d'intellectuels français lorsqu'ils réduisent le Français de confession musulmane à leur appartenance religieuse...Et, pour Bencheikh, le fait d'avoir par exemple , ethnicisé en confessionnalisant, ou confessionalisé en ethniciant la fonction de préfect, avec monsieur Aissa Dermouche, est grave en soi. Non seulement, Aissa Dermouche qui n'a absolument pas revendiqué son islamité, n'a pas à être brandi comme préfect musulman, mais en outre il n'a pas été le premier. Cette présentation est dangereuse, car elle sous-entend qu'on aura demain un ambassadeur juif, un amiral chrétien, un recteur d'académie bouddhiste et un juge athée. Il y a un glissement sémantique qui s'est fait d'<<issu de l'immigration>>, via beur vers musulmans. Lequel musulman est éternellement issu de l'immigration, jusqu'à la quatrième génération d'ailleurs, on ose énumérer << quatrième génération>>. Quand on est de << quatrième génération>>, cela  veut dire simplement qu'on est de souche. Il faut accepter le fait islamique dans la République comme une composante banalisée, faisant partie du paysage religieux européen. La classe politique dans son ensemble doit comprendre que cette composante n'est pas allogène, adventice et incongrue, elle fait partie de la société française. Les problèmes sont sociétaux ,  et de situation de quartiers dit sensibles, de discrimination  et d'exclusion.

 Dans les années 90 noires, et sanguinaires  . S'affirmer laïque en Algérie , c'est  assimilé à être non-croyant...Mr Bencheikh explique que, si l'on veut que l'Etat ait l'Islam comme religion, cela n'a aucun sens. Pour des raisons de modernisation des institutions, et de respect de la conscience des citoyens, il vaut mieux laisser les questions spirituelles et religieuses, à l'adhésion intime et spontanée des personnes. Il n'y a pas à avoir une institution étatique qui soit le bras séculier de la religion.

Quand on a le FIS qui dit au peuple : si vous votez pour notre liste, vous irez au paradis, si vous votez pour une autre liste , vous irez en enfer, il y a une escroquerie morale et intellectuelle qu'il faut savoir dénoncer.  Gouverner selon les principes islamiques n'a pas beaucoup de sens non plus, si on ne précise pas lesquels. Il y a au moins quatres grandes écoles juridiques, plusieurs écoles  d'exégèse, une multitude d'interprétation.  Pourquoi voudrait-on s'inspirer dans la législation du Coran, qui dans la plupart des cas est une législation positive concernant des choses que la charia n'avait même pas imaginé, comme le nucléaire, l'environnement, les OGM, le génie-génétique...Tout cela n'est que de la parole en l'air. Mais avec les canaux satellitaires, avec Internet, il y a le pire et le meilleur : on peut entendre des prédications, des harangues à faire frémir, et en même temps , il y a aussi des débats, des réfléxions qui finiront par toucher les peuples arabo-musulmans, et ceux qui ont été éxilés, et permetteront  petit à petit une prise de conscience. Il y a des raisons endogènes , mais il y a aussi des facteurs extrinsèques qui font que, au lieu de sortir du marasme, on s'y enfonce. 

 L'Algérie a consenti des efforts extraordinaires à former des atomistes, des physiciens, des ingénieurs, des médecins, et c'était louable, mais au détriment de faire émerger une société civile consciente, et une intelligentsia capable au niveau des sciences humaines et de la culture, notamment en théologie, parce que le peuple était imprégné de valeurs religieuses relevant davantage de la dévotion populaire...A cause d'ailleurs de la colonisation, puisque la loi de 1905 n'y était pas appliquée. Ben Badis, en sa qualité de président des ulémas, s'égosillait pour demander l'application  de cette loi dans ce qui était un département français, ayant compris l'intérêt...Le fait d'avoir maintenu le statut de l'indigénat avec la référence religieuse, en payant les muftis,,les imams, les cadis, etc; c'était une ma nière pour l'autorité coloniale de contrôler le peuple colonisé. On en a hérité, au lendemain du recouvrement de l'indépendance, une sorte d'identification à la référence religieuse, et malheureusement, on a laissé une présetation surannée, passéiste, rétrograde auprès de quelques cheikhs, qui finalement n'ont pas pu suivre l'évolution, faute d'avoir l'outillage intellectuel nécessaire pour pénétrer  le texte.

  _Pour un islam de France, les musulmans devraient faire un effort comparable à celui fait par l'Eglise catholique il y a un siècle pour assumer la séparation avec l'Etat...

 D'après monsieur Bencheikh le théologien : c'est comparable, et il s'agit  encore d'un effort plus aisé pour les musulmans.Puisque ces derniers profitent de la liberté qu'offre la situation en France pour mener ce travail afin de le retransmettre dans les contrées islamiques. Nous avons eu tour à travers l'histoire, pour nos concitoyens chrétiens, la Cité de Dieu de Saint Augustin, la querelle des investitures, la doctrine des deux glaives, l'Aigle de Meaux Bossuet qui théorisait l'absolutisme et la monarchie de droit divin, Bourdaloue, Mgr Dupanloup, et pire encore, l'encyclique de février 1906, vehementor nos, qui a excommunié l'ensemble des députés catholiques qui avaient voté la loi de 1905. Le début de l'assentiment ne commençait à venir qu'avec l'encyclique maximam gravissimamque de 1924, la réflexion a été menée pour qu'au lendemain de la seconde  guerre mondiale, on commence réellement à réfléchir sur ces questions, puis il a fallu attendre Vatican II pour qu'on comprenne qu'il vaut mieux se réjouir de cette séparation. Et l'Eglise catholique y est maintenant attachée. Nous nous réjouissons, nous tous, de ce modus vivendi. Ce long cheminement de l'Eglise catholique que d'aucun qualifient d'ensemencement de la matrice évangélique fécondée par les idées modernes de séparation...Il n' y a pas de raison pour ne pas mener le même travail, et pouvoir ensemencer la matrice Coranique.

 Et pour finir , monsieur Ghaleb Bencheikh affirme que la tradition islamique est totalement, et tout à fait laïque, la relation à Dieu est une relation directe, ex-abrupto, verticale qui fera in fine de chaque musulman et de chaque musulmane son propre évêque....       

 

   

   

     

        

      

Par KARIMA GOULMAMINE - Publié dans : press
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Mardi 13 décembre 2005

Pour continuer notre discussion à propos de la laïcité ,et les religions et bien précisement cette religion que, l'on appelle l'islam. Le prophète Mohamed n'est ni un Roi ni un gouverneur.Juste le messager de Dieu...

Mais, Ghaleb Bencheikh constate que là encore , ils sont et ils restent réfractaires à cette idée. Il n'était ni, chef d'Etat,ni chef militaire...Pourquoi ne pas discuter de tout celà ? Disons , qu'il était chef d'Etat, de quel Etat s'agissait-t-il, alors qu'on était au début du noyau d'une communauté naissante ? Et, il poursuit Bencheikh en explicant que durant les dix dernières années de la prédication du prohète Mohamed, il était le référent premier,l'arbitre, le juge, "quand on acceptait son arbitrage : alors, que lui ,il ne l'a jamais  imposé. A supposer qu'il eût cumulé le principat et le pontificat,rien ne dit, ni dans son enseignement, ni logiquement ni théologiquement,que ceci doit être poursuivi après sa mort. Même dans l'hypothèse poussée jusqu'à considérer que Muhammed(Mohamed) était à la fois chef spirituel et chef temporel, rien ne permet d'en faire que ses successeurs doivent aussi avoir la charge temporelle et la charge spirituelle . Le prohète de l'islam n'a rien fait d'autre que ce qu'ont fait Josué et Moïse.

Mais ,en France la question des rapports Islam/laïcité avaient été montée en épingle lors, de l'affaire du voile à l'école. On a dit à ce propos que la neutralité de l'école publique était mise en danger...

Les cadres musulmans dans notre pays n'ont pas pu régler le problème. Ils ne l'ont pas fait,pour beaucoup de raisons, à commencer par  une certaine frilosité, une méconnaissance du sujet et une incohérence, qui les ont empêché de trancher simplement en disant : c'est vrai que la laïcité, à l'école, doit s'appliquer, avant tout, aux dispensateurs du savoir, c'est à dire aux  professeurs et  à l'institution, et cela ne concerne pas normalement les <<usagers>>, en l'occurence ,les élèves . Mais, tout le tintamarre ,qu'il y a eu autour de la question du foulard , avec toute l'hystérie médiatique qui s'en est suivi,et que l'esprit aussi bien de l'institution que de la représentation politique , était vicié, ce n'était pas une obligation religieuse de la plus haute importance, pour sacrifier la scolarité de jeunes filles à peine nubiles qu'on a emmitouflées dans un tissus bigarré qui les asservissait, alors que leur identité  était en devenir au sein d'un sanctuaire  qu'était l'école...Compromettre la scolarité de ces jeunes filles en tenant mordicus à ce fichu, n'était ni intelligent, ni judicieux , ni bon pour elles . 

Par GOULMAMINE KARIMA - Publié dans : press
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Dimanche 11 décembre 2005

Le Coran a une neutralité toute laïque . D'ailleurs il n'y a aucun passage dans le Coran qui établit la manière dont on gouverne la cité.Poursuit monsieur Ghaleb Bencheikh.Et,s'il y a tel ou tel verset que, dans une mauvaise foi manifeste, les islamistes traduisent par: <<Ceux qui ne gouvernent pas selon ce que Dieu a prescrit,sont des mécréants>>,c'est ce que l'on a,de manière abusive et éhonté , trituré un mot qui ne veut rien dire d'autre qu'arbitrer,ou juger. Monsieur Bencheikh poursuit : les islamistes ont glissé dans le sens de gouverner sans aucun fondement philosophique ni historiographique. Aucun passage dans le Coran,ni même dans les hadiths du prophète,n'établit ce que l'on pourrait appeler de nos jours une base d'une science politique. Et le fait que Dieu n'en parle pas sous-entend,pour les musulmans qu'il y a,pour la gestion des affaires de la Cité une délégation faite aux hommes, dans une neutralité toute laïque. Il continue tout en ajoutant, qu'en l'absence d'une autorité centrale, d'une structure cléricale,d'une caste sacerdotale-sur le plan de la structure organique de la tradition islamique-on est dans un fonctionnement laïque. Même si cette absence de structure cléricale est aussi une source de problèmes inextricables pour peu que les prétendus Savonarole des temps modernes, crient un peu plus fort que les autres,capitalisent les frustrations,spéculent sur la misère,prétendent faire le bonheur d'autrui malgrè lui.

En lui demandant comment son discours,son interprétation ne soient pas plus suivis,que les islamistes aient une réelle audience ? Bencheikh explique que dans le monde musulman ,les hiérarques  de celui-ci sont enchaînés aux différents pouvoirs.Il y a <<l'ombre tutélaire du palais>> sur les théologiens dans les pays islamiques. Ils ne font rien sans en référer au pouvoir politique. C'est un drame...Nous n'avons malheureusement pas encore des théologiens,des dignitaires,des penseurs,des intellectuels qui, dans ces pays,arrivent à s'affranchir de cet asservissement.Ils édictent des fatwas sur ordre. Ils sont la voix de leurs maîtres et porte parole de leur hiérarchie politique. Ce sont des théologiens organiques. Les autres, courageux et libres : soit ils subissent toutes les avanies,payent parfois de leur vie, soit ils sont obligés de s'exiler. Dans les capitales des pays occidentaux où il y a la liberté d'expression,il y a ceux qui font un énorme travail d'exégèse,mais ne sont pas relayés par les tribunes médiatiques,occupées qu'elles sont par la surenchère et la focalisation sur le négatif,le vil et le pervers; à eux donc de se faire entendre ,d'être intelligents pour faire passer le message. Et, il y a aussi une offensive de sermonnaires doctrinaires,activistes,qui vont jouer le même jeu dangereux qui a été fait en terre d'islam comme l'a fait le FIS en Algérie. Voilà pourquoi on n'arrive pas encore à entendre suffisamment ces voix audacieuses qui plaident pour l'aggiornamento ,cette réactualisation de la pensée. Pour citer quelqu'un comme Farabi,entre 870 et 950 , sa fameuse Cité vertueuse ,pour l'époque,n'avait pas de lien explicite avec le Coran; sa conquête du bonheur et sa quête du salut n'étaient pas nécessairement liés à la Révélation,contrairement à ce que prétendent les islamistes de nos jours.
Le gouvernement de la toute première dynastie omeyyade a prévalu sinon d'une manière anti-islamique , il a été au moins anislamique. Muawiya 1er voulait être simplement un monarque . Il a copié pour cela son administration sur le modèle byzantin....Sans la moindre référence explicite, ni même implicite à ce qu'on appelle maintenant la << loi islamique,>> pour gouverner . Elle n'était pas encore élaborée et encore moins codifiée. Je ne vois pas pourquoi ce qui n'a pas été fait au début de la dynastie omeyade(661) devrait l'être aujourd'hui. Elle n'était ni, élaboré ni, codifiée. Selon Bencheikh , ce déclin est suite à une régression tragique,à un déclin,à la<< colonisabilité>>, il s'agit d'une sorte de réaction fondamentaliste,notamment avec les frères musulmans , après l'abolition du califat. Lequel n'avait pourtant aucune valeur sacrale: il a été fondé par des hommes,puis aboli par d'autres hommes, et ce n'est pas pour autant que l'islam a cessé d'être sur terre. Donc, de grâce ,qu'on ne nous dise pas que les fondements du califat sont dans le Coran ou dans les hadiths du prophète .
    

Par GOULMAMINE KARIMA - Publié dans : press
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Vendredi 9 décembre 2005

suite de l'article , laïcité et islam !!

Le formalisme démocratique n'étant pas dans le Coran, et donc la manière de gérer la Cité, ne l'est pas également .Ce n'est pas pour autant que cette absence-là nous prive de nous doter des règles démocratiques pour vivre.

Ghaleb Bencheikh dit : <<oui, mais vous n'avez pas l'équivalent du denier de César, comme dans l'Evangile:rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu>>(le fameux passage de Mathieu 22).On peut rétorquer d'une manière un peu anecdotique, poursuit Ghaleb Bencheikh:pourquoi voudrait-on que Dieu eût à évoquer Césaren Arabie au 7 ème siècle ? Et, ce n'est pas pour autant qu'il faille en tirer, logiquement et théologiquement,qu'il y ait une collusion entre le temporel et le spirituel dans la tradition islamique.

L'imbrication du religieu dans le politique,encore une fois,est une affaire d'hommes,et donc ce qui a été fait par des hommes,peut être défait par d'autres hommes.

On peut aussi citer également, le verset 38 de la sourate 42, dite sourate de la consultation.Mais, il y a un autre verset,le verset 59 de la sourate 4,qui dit:<<Ô vous qui avez cru ! Obéissez au prophète et aux détenteurs de l'ordre parmi vous>>. Et, le fait d'avoir ajouté<<obéissez aux détenteurs de l'ordre parmi vous>>,implique l'obéissance au prophète sur le plan spirituel, et on doit une autre aux détenteurs de l'ordre parmi les hommes,sur le plan temporel.

Néanmoins,par souci de rigueur intellectuelle et d'exigence épistémologique,je me refuse à extraire hors contexte même un passage plaidant notre cause. Sinon,on ne peut pas dénier aux islamistes le droit de faire de même. En vérité, quand on plaide pour la séparation des questions temporels des questions spirituelles, nous n'avons pas besoin de nous enchaîner à des références scripturaires coraniques pour l'affirmer.

Toujours d'après le théologien Bencheikh, laissons la Révélation coranique souveraine pour des considérations éthiques, spirituelles,morales, mais surtout pas comme un moyen de gouverner la Cité.

    

                                   

Par GOULMAMINE - Publié dans : press
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Jeudi 8 décembre 2005

   Suite du commentaire du commentaire et des explications, et opinions de Ghaleb Bencheikh à propos de la laïcité et l'islam .

En s'appuyant sur des versets Coranique, ou sur la parole de Dieu , Mr Bencheikh théologue musulman, explique que ,si Dieu passe sous silence la gouvernance de la Cité? Laquelle est de la plus haute importance, c'est : soit cela échappe à toute- puissance, et cela est incompréhensible pour un croyant, soit il l'a simplement délégué aux hommes, parce que c'est une affaire qui concerne les hommes, simplement. Mutatis mutandis,et très prosaïquement,c'est comme lorsque , chez tous les musulmans du monde entier,et en dehors des musulmans "on s'arrête au feu rouge et on démarre au feu vert": cela n'est pas édicté dans le Coran et on l'applique volontiers".Ainsi, le formalisme démocratique,la  

                                    

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